La production des arbres
Les pépiniéristes élèvent des arbres grâce à différentes méthodes choisies en fonction de la nature des arbres et selon leurs possibilités de vente. En effet, certaines espèces sont très demandées et doivent donc être produites le plus rapidement et le plus économiquement possible sans sacrifier la qualité au profit de la quantité. De ce fait, un pépiniériste sait multiplier et élever un grand choix d’arbres dans les meilleurs délais. Bien entendu, certaines espèces restent difficile à propager et leur exploitation reste une opération lente et coûteuse.
Semis
La technique du semis reste le mode de propagation le plus aisé, le plus satisfaisant et parfois le seul utilisable pour quelques espèces notamment comme les Eucalyptus. Généralement les meilleurs résultats sont obtenus grâce à des graines fraîchement récoltées ; les fruits doivent être collectés à maturité, juste avant ou après leur chute naturelle.
Les graines de tailles importantes (chênes, érables, marronniers, hêtres) doivent être semées en planches, à la volée ou en lignes, au sein de sillons peu profonds (ouverts à l’aide d’une houes). Généralement les graines sont enterrées à une profondeur d’environ trois fois leurs diamètres (6-8 cm pour les glands, 2 cm pour les faines, 3 à 4 mm pour les fines graines comme celles d’Erables ou d’Eucalyptus).
Les espèces, telles Crataegus, Davidia, Ilex, Sorbus et Prunus, possédant des fruits charnus, prennent mieux si leurs graines sont stratifiées, c'est-à-dire mélangées avec du sable humide et de la tourbe, puis placées dans un pot ou un container qui sera par la suite enterré dans du sable (en plein air et exposé plein nord de préférence). La germination des graines stratifiées se produit généralement le second printemps après la mise en pot, mais peut également avoir lieu au cours du premier printemps ou bien après plusieurs années en fonction des espèces.
Concernant les graines d’un arbre rare, disponibles en petite quantité, il est préférable de les semer dans un compost bien préparé, en pots placés sous châssis jusqu’à la germination. Les grosses graines, d’espèces imposantes, sont semées individuellement en godet. Celles semées en plein air doivent être protégées contre les rongeurs et les oiseaux ; les jeunes plants contre les mollusques. Dans tous les cas, les plants devront être éclaircis et/ou repiqués afin d’obtenir des plants de qualité.
De nos jours, les pépinières placent leurs graines dans des chambres froides afin de faciliter la levée de la dormance des semences et utilisent des substances chimiques pour améliorer la germination des graines délicates.
Multiplication végétative
Malheureusement, les arbres cultivés ne produisent pas toujours des graines de qualité. Si par chance elles le sont, il est impossible de s’assurer du résultat des plants issus de semis. Ceci s’explique par le caractère hétérozygote des portes-grains ou encore par les croisements qui peuvent survenir entre l’arbre et ses voisins de même nature.
Concrètement, les arbres issus d’une hybridation peuvent ou non produire des bonnes graines ; si tel est le cas, rien ne permet de s’assurer de la valeur ornementale de la future plante. Finalement, les pépiniéristes préfèrent laisser de côté cette technique trop aléatoire au profit de méthodes plus sûres.
Bouturage
Les espèces à feuillages caducs (saules, peupliers,…) sont multipliées par bouturage sec en hiver et repiquées dans de petits sillons en plein air. Ces boutures s’enracinent normalement et sont généralement repiquées ou plantées dès la fin de l’automne suivant.
De nombreux arbres, notamment les persistants (comme Laurus nobilis, Prunus lusitanica et Magnolia grandiflora), sont propagés par boutures faites en fin d’été, quand les pousses commencent à se lignifier et qu’elles sont encore garnies de feuilles. Les boutures sont placées sous châssis, à l’étouffée, en plein air ou en serre. Elles seront repiquées en pleine terre ou en containers. Compte-tenu de la période de réalisation des boutures, il faut veiller avec soin à l’ombrage et à l’arrosage. Afin de faciliter l’enracinement des boutures, les pépinières utilisent des hormones de bouturage et maintiennent le feuillage des boutures humide en permanence grâce à la nébulisation qui déclenche un brouillard à intervalles convenables.
Il existe également un autre type de bouture réalisée entre juin et début août mettant en œuvre des pousses herbacées et tendres. Les techniques de culture et d’entretien de ces boutures sont similaires à celles exposées précédemment.
Greffage
Le greffage, méthode de propagation, consiste à unir un fragment de la plante à multiplier, le greffon, avec une plante de type commun, appelée sujet ou porte-greffe. Elle lui servira de support et lui permettra de s’alimenter. Il est certain que le greffage base sa réussite sur une certaine affinité entre le greffon et le sujet.
Cette technique de propagation végétative nécessite une certaine habileté, qui s’acquiert par l’expérience, mais demeure, après le bouturage, la méthode la plus couramment pratiquée.
Lorsque le greffon est un simple bourgeon au lieu d’un fragment de tige, on parle d’écussonnage, couramment utiliser pour les cerisiers, les pommiers, les sorbiers et les aubépines.
Marcottage
Dans le cas d’espèces dont les boutures s’enracinent mal, on peut utiliser une méthode de multiplication appelée marcottage. Pour ce faire, on couche une branche dans le sol qu’on a entaillée légèrement et enduit d’une hormone de bouturage. Pour favoriser l’apparition des racines, il est bien d’utiliser un compost léger et sableux, et de maintenir le sol frais à l’aide d’un paillis. Le mieux pour réaliser un marcottage est d’utiliser des tiges âgées d’un an ou des pousses en voie de croissance. Une fois les nouvelles racines bien développées, les jeunes plantes peuvent être séparées du pied mère dans le courant de l’hiver suivant le couchage des branches.
Bouturage de racines
Pour réaliser un bouturage de racines, il faut préparer des fragments de racines de 8 à 12 cm à l’aide de serpette, coucher ses fragments dans un mélange de sable et de tourbe à une profondeur de 3 à 5 cm. Une fois les nouvelles racines et les premiers bourgeons apparus, les boutures sont empotées et repiquées dans une position normale. Le bouturage de racines se pratique en fin d’hiver ou au début du printemps.
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