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Le légume du mois

En septembre : une moisson de haricots verts
Rares sont les jardins légumiers où l’on ne rencontre pas une culture de haricots. La seconde moitié de l’été est par excellence la période où ces plantes exigeantes en chaleur et en lumière expriment toutes leurs qualités et leur prodigalité.
Les haricots nains nous sont venus d’Amérique ; ils étaient donc inconnus en Europe avant le seizième siècle. Jusqu’à cette époque, les principales légumineuses consommées étaient les fèves, les pois et les lentilles ; leurs graines étaient la source majeure de protéines et elles n’ont perdu de l’importance qu’avec le développement de la consommation de viande. Plus récemment s’est développée en Europe l’habitude de consommer pendant la belle saison les gousses entières fraîches comme cela se fait traditionnellement pour le pois mangetout. Les conserves stérilisées et les produits surgelés permettent de consommer du haricot vert toute l’année, et des sociétés commerciales se sont spécialisées dans la culture de ce légume dans le Monde entier, ce qui leur permet d’approvisionner la grande distribution européenne en haricots verts frais douze mois par an.
Le matériel végétal
Dans la famille des Fabacées, le genre Phaseolus compte 56 espèces toutes originaires d’Amérique, entre le sud des Etats-Unis (37° de latitude Nord) et la Cordillère des Andes (jusqu’à 30° de latitude Sud). Le haricot commun est dénommé Phaseolus vulgaris ; c’est une plante annuelle qui présente plusieurs modes de croissance et de floraison - fructification :
* croissance indéterminée et floraison continue : ce sont les haricots à rames, ou «grimpants», dont la tige peu ramifiée peut atteindre 3,5m de long ; il existe des cultivars à gousses vertes, jaunes ou violettes ;
* croissance déterminée et floraison plus groupée dans le temps : ce sont les haricots nains qui atteignent 30 à 50 cm de haut et ont un port buissonnant ; la tige est très ramifiée ; les hampes florales et les gousses émergent du feuillage. La forme, la couleur et la texture des gousses sont très variables.
Chez les haricots, le système radiculaire est superficiel et très ramifié ; la plupart des racines se rencontrent dans les trente premiers cm du profil. Les racines comportent des nodosités où se développent des bactéries du genre Rhizobium, qui peuvent fixer l’azote atmosphérique et assurer la nutrition azotée de la plante. Les deux premières feuilles sont simples, et les suivantes comptent trois folioles. Les fleurs sont de teinte blanche ou jaunâtre ; elles sont disposées en grappes de 3 à 8, à l’aisselle des feuilles. Il y a autofécondation, déjà avant l’épanouissement de la fleur (ce phénomène est appelé «cléistogamie»).
Exigences
En ce qui concerne le sol, le haricot s’adapte à des textures très diverses, sauf très légères et caillouteuses, pourvu que la structure soit bonne et la profondeur suffisante, avec un pH proche de la neutralité (entre 6,5 et 7) et une faible salinité. Dans les sols compacts et mal drainés, le manque d’air limite l’activité des Rhizobium.
Bien que depuis plusieurs siècles le haricot, originaire de la zone intertropicale, ait fait l’objet d’améliorations constantes, il reste une plante qui demande de la lumière et de la chaleur, et qui redoute le froid : le feuillage gèle à -1°C ; la germination des graines demande au moins 15°C ; la croissance s’arrête sous 10°C et elle est optimale vers 20 à 25°C, tout comme la floraison et la formation des gousses.
La fumure à apporter dans un sol normalement pourvu en éléments minéraux sera de 40 unités d’azote + 75 unités d’acide phosphorique + 150 unités de potasse sous forme de sulfate (1 unité = 1kg/ha = 10g/are).
Production en plein air dans un jardin
Si l’on souhaite une production étalée dans le temps, la culture des haricots à rames est plus intéressante que celle des haricots nains parce qu’avec ces derniers une production continue demandera de réaliser plusieurs semis successifs (3 ou 4). De même, une récolte fréquente des jeunes gousses, par exemple deux fois par semaine, favorise une floraison continue et donc une production plus régulière.
Le calibre des graines de haricot est très variable selon les cultivars : on en compte de 700 à 4000 par kg. Leur longévité est courte : elle ne dépasse pas deux ans !
* Haricots à rames : on commence par installer le dispositif de soutien des plantes composé de deux rangées de perches de 2 à 3m placées en oblique en V inversé et réunies à une latte horizontale ; l’espacement sera de 75cm en tous sens. Le premier semis se fait vers le 15 mai et le dernier vers le 15 juin : autour de chaque perche, on sème une dizaine de graines, enterrées à 2 ou 3cm. La production de gousses commence après 8 à 9 semaines.
* Haricots nains : les premiers semis en place ont lieu vers le 15 mai, à interligne de 50cm ; on place soit 1 graine tous les 10cm, soit 2 graines tous les 20cm, soit 5-6 graines tous les 40cm, enterrées à 3-5cm. Butter lorsque les plantes ont 15cm de haut. La récolte commence après 60 jours pour les haricots - filets et 75 jours pour les haricots mangetout. On échelonne les semis de 2 à 3 semaines jusque mi-juillet. Il est possible d’avancer la production en semant à chaud, à la mi-avril, en pots de 10cm où l’on place 4-5 graines, puis que l’on plante en plein air à 50 x 40cm à la mi-mai. On peut aussi semer en place fin avril sous couverture directe par un plastique perforé ou un voile de forçage mis en place (enterré sur un seul côté) une semaine plus tôt afin de réchauffer le sol.
Maladies et ravageurs principaux
* Anthracnose : sur gousses : taches brun clair avec une auréole rouge ; due à une forte humidité et des semis trop denses ; choisir des cultivars résistants ;
* Puceron noir : utiliser un insecticide spécifique dès leur apparition ;
* Graisse : sur gousses : taches rondes graisseuses ; choisir des cultivars résistants.
Source: notre jardin