Ces deux mois de repos de la végétation sont un moment propice à la réflexion, et il m’en vient une de mon enfance. Voici une cinquantaine d’année, nos parents avaient un moyen bien simple de fertiliser leur jardin : ils utilisaient des déjections humaines. Aujourd’hui, qui oserait encore les utiliser ? Contre toute attente, de plus en plus de personnes cependant recommencent à les utiliser, mais de manière très différentes de ces temps révolus, et cela, pas nécessairement pour obtenir un fertilisant, mais pour économiser l’eau. En fait, les deux objectifs vont de pair.
L’eau, un bien précieux
Quand on analyse la consommation moyenne d’un ménage, on considère que chaque personne utilise 150 à 200 litres d’eau potable par jour, soit 50 à 70 m³/an. Cette consommation se réparti plus ou moins comme suit : 10% sont bus et participent à la cuisine, 10% sont utilisés pour la vaisselle, 10% nettoient le linge, 40% sont utilisés pour se laver, 5% arrosent le jardin et font briller la voiture, et enfin 25% servent à évacuer ses excréments qui, rappelons-le, se révèlent être un engrais de premier choix.
En somme, 35 à 50 litres d’eau potable sont souillés quotidiennement par chacun pour se débarrasser d’environ 1,2 litre d’urine et 300 g de fèces. En un an, cela représente 13 à 18 m³ d’eaux vannes (eaux polluées provenant des W-C) par personne, contenant notamment de l’azote, du phosphore organiques bien utiles pour nos jardins et gaspillés. Et que deviennent ces résidus ? Pendant le processus d’assainissement, en stations d’épuration, l’azote et le phosphore des matières fécales évoluent en nitrates et en phosphates – qui s’joutent à ceux contenus dans nos lessives -, dont une partie est évacuée dans les rivières avec les eaux épurées après le traitement. L’excès de ces nutriments dans les milieux aquatiques entraîne la prolifération des algues (eutrophisation), puis un phénomène d’asphyxie progressive qui peut, à terme, rendre ces milieux hostiles à toute forme de vie.
La solution : la toilette à litière bio maîtrisée
Les toilettes à litière bio maîtrisée (TLB) n’utilisent pas d’eau et sont une alternative responsable qui évite de peser sur la collectivité, ainsi qu’une solution écologique éliminant totalement les eaux vannes, tout en produisant une matière fertilisante pour le jardin. Il ne faut pas les confondre avec les « toilettes sèches ». Comme le souligne le Prof. Joseph Országh, chercheur en gestion écologique de l’eau (cf. www.eautarcie.com), on peut distinguer trois générations de toilettes sèches : la première comprend les latrines de nos grands-parents, un trou pratiqué dans le sol, surmonté d’une planche équipée ou non d’une lunette de W-C. Ces toilettes étaient malodorantes et très polluantes. Par contre, l’utilisation agricole des effluents ne semblait pas poser de problèmes majeurs. La deuxième génération, développée au 20ème siècle, est caractérisée par les toilettes de type scandinaves où l’urine, qui représente 90% de la masse des déjections, est canalisée vers un réservoir de stockage, tandis que les fèces sont collectées, séchées avec une résistance chauffante, un courant d’air ou à l’énergie solaire
La troisième génération diffère des autres par le principe de fonctionnement, radicalement différent. Les nuisances olfactives sont maîtrisées grâce à l’adjonction d’une matière végétale riche en cellulose donc en carbone (sciure de bois ou fins copeaux). En pratique, on utilise un seau inclus dans un cube de bois, surmonté d’une lunette de W-C. Dans le seau, la cellulose végétale bloque, par inhibition, les réactions enzymatiques dans les déjections, réactions qui sont responsables des odeurs. C’est en effet un enzyme, l’uréase, qui transforme l’azote organique précieux en ammoniac, inutilisable pour la synthèse de l’humus.
Source: « Notre Jardin »
L’équipe Eplants, le spécialiste de la vente de plantes par correspondance
bonjour
je découvre aujourd’hui votre blog que je mets en « preum’s » dans mes favoris liés au jardinage bio. Un souci cependant, je ne vois rien nulle part qui permet d’etre avertie des nouveaux articles parus..Comment faire?
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